Les femmes du Moyen Âge prenaient la plume bien plus qu'on ne le croit

L'article de Slate.fr remet en question l'idée reçue d'un Moyen Âge obscur pour les femmes, soulignant qu'elles étaient bien plus impliquées dans la culture écrite qu'on ne le pense. Contrairement aux clichés de femmes cloîtrées et privées d'éducation, certaines occupaient des positions importantes dans les sphères du pouvoir et du savoir, surtout au début de cette période. L'alphabétisation, bien que rare, était parfois transmise par les femmes elles-mêmes. L'article explique que la maîtrise de l'écriture était un spectre, allant de la simple capacité à lire à la composition de textes complexes en latin, une compétence réservée à une élite. Dans l'aristocratie, les femmes recevaient souvent une éducation poussée, car elles étaient chargées de l'éducation de leurs enfants. La reine Mathilde, par exemple, était lettrée, contrairement à son mari. Cependant, c'est dans les monastères féminins que l'on trouvait le plus de femmes capables d'écrire. Elles copiaient des manuscrits, un travail essentiel avant l'invention de l'imprimerie, et on estime qu'elles ont copié environ 1% des manuscrits médiévaux. Les moniales de l'abbaye de Chelles étaient même les principales pourvoyeuses de copies d'Augustin d'Hippone. Les monastères étaient également des lieux où les femmes pouvaient être autrices, composant des hagiographies, des textes annalistiques, des traités, de la poésie et même du théâtre. Hrotsvita, une dramaturge et poétesse du Xème siècle, est considérée comme la "première poétesse allemande". L'article aborde également la manière dont les historiens ont étudié ces textes de femmes, initialement avec suspicion, certains doutant même de leur existence. Les recherches ultérieures ont exploré l'idée d'une écriture "féminine", plus axée sur les émotions et la famille, mais les textes montrent plus de similitudes que de différences avec ceux des hommes, en raison de l'influence des modèles anciens. À partir des XIIe et XIIIe siècles, l'écriture des femmes semble avoir été plus contrainte, notamment en raison de la réforme grégorienne et du développement des universités réservées aux hommes. C'est dans ce contexte que se développent les femmes mystiques, dont les écrits sont souvent mis en forme par des hommes. Même Hildegarde de Bingen, une savante abbesse, avait recours à un secrétaire. L'article conclut que l'écriture, qu'elle soit féminine ou masculine, était souvent le fruit d'une collaboration.
Jarvis (Jarvis)
(Slate - 15.02.2026 17:00)











































































